
Le 19 février 2010
La « stabilisation » du nombre de demandeurs d’emploi que nous observons depuis le début 2010 ainsi qu’un nouvel accroissement de notre rythme de production ne doivent pas nous inciter à baisser la garde. La bataille pour l’emploi est une bataille permanente.
Les conséquences sociales de la crise économique sont pour cette année et un grand nombre de nos concitoyens connaissent des difficultés croissantes et quotidiennes.
Le 13 octobre dernier, le conseil communautaire du Pays de Pont à Mousson n’a pas adopté une résolution prolongeant son implication au sein de la Maison territoriale de l’Emploi du Val de Lorraine par un engagement financier de 28 000 €.
Cela ne doit pas être interprété comme une résignation face au chômage.
En effet, il n’existait pas, à l’époque, une majorité récusant l’utilité d’une maison de l’emploi. Le souci des élus présents était de mieux appréhender le contenu et l’avenir de cette structure. Plus que le principe, c’est la méthode qui était ici discutée, dans un contexte difficile pour les finances locales.
C’est pourquoi je suis aujourd’hui surpris du silence de ceux là même qui ont fortement critiqué le projet de la maison territoriale de l’emploi du Val de Lorraine.
Je ne partage pas cette stratégie de la terre brulée qui consiste à enterrer des dossiers pour ne faire ensuite aucune proposition alternative. Le rôle d’un élu n’est pas de renoncer face au chômage, mais de se battre pied à pied, chaque jour, dans l’intérêt de nos concitoyens.
Ce vote nous impose un travail de fond pour enrichir ce projet. En effet, fin 2010, l’heure viendra de négocier un avenant au conventionnement initial entre les partenaires conformément au nouveau cahier des charges des MDE.
Bien que compétence de l’Etat, une politique de l’emploi ambitieuse et territorialisée reste, pour ma part et en tant qu’élu, ma préoccupation première.
Nos jeunes, nos salariés non qualifiés, nos seniors, ceux qui sont touchés par la chute de l’emploi intérimaire ou les mesures de chômage partiel méritent que nous nous investissions pleinement sur ce dossier, au délà des clivages politiques.
C’est pourquoi nous devons proposer rapidement une issue à ce projet permettant une pleine politique de l’emploi sur notre territoire.
La reconnaissance d’un espace commun, entre Nancy et Metz, passe par une politique de l’emploi commune sur ce même espace. Si l’idée est simple, l’ambition est grande.
La création d’une Maison de l’Emploi répond à 3 objectifs :
Mettre en relation et en cohérence les acteurs de l’emploi (publics et privés) sur le territoire.
Faire émerger une véritable politique locale de l’emploi.
Apporter une réponse de proximité.
Ce rôle n’est donc pas celui d’un opérateur de placement et à ce titre, il reste distinct, de celui confié à Pôle Emploi.
Avoir une stratégie territoriale en faveur de l’emploi qui soit partagée, anticiper les mutations économiques à venir sur notre bassin, favoriser le développement local et lutter contre les freins culturels et sociaux du retour à l’emploi (discrimination, illettrisme, mobilité etc.) doivent être la feuille de route de notre action .
C’est pourquoi ce projet de maison de l’emploi doit devenir le notre. Cette maison sera la maison de tous. Une tête de réseau ne nécessitant pas de frais dispendieux en nouveaux locaux. A l’image des nouvelles politiques de l’emploi, elle porte une vision active et de terrain pour permettre aux gens de rebondir.
Son coût est un investissement profitable pour nous puisque pour 1 euro local investi, l’Etat en apportera 4. Ne pas faire aboutir ce projet, c’est renoncer à cette aide ! Peut-on aujourd’hui se le permettre ?
Je propose donc que nous relancions ce dossier de toute urgence au sein de notre conseil communautaire afin de faire émerger une suite à ce vote, acceptable par tous et surtout profitable à ceux qui en ont besoin.
Julien Vaillant,
Conseiller municipal et communautaire de Pont à Mousson
Conseiller régional de Lorraine